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KEEP THIS BODY ALIVE 2020

[EN] The true history of Persephone, as it is told in Keep This Body Alive

Persephone spends half of the year in the underworld, and the other half on earth. She likes these two places - this is not the problem. The problem is that this life was imposed upon her, that this choice was made for her. On earth she is eternally her mother’s child, whereas in the underworld, she is forced to be the goddess of the dead. She dreams of breaking this spell and starting again, maybe continuing the exact same life (which she finds comfortable and pleasant), but on her own terms. The day Orpheus descends the underworld, Persephone knows this is the right moment to act. Orpheus wants to find his wife Eurydice who, on their wedding night, was bitten by a snake and died. Audacious and full of despair, Orpheus went deep into the underworld to bring her back to life. He implores the goddess Persephone, he tries to convince her to help, he cries while singing to her. But Persephone knows that, once dead, one cannot go back on earth, except in memories or dreams. She lies to Orpheus, out of hope, out of despair, out of pity for him. Ten minutes of hope is better than no hope at all. She tells Orpheus that he can bring Eurydice back, that she will walk right after him through the dark corridors of the underworld to the light. There is one condition though: he cannot look back to her. Persephone puts on Eurydice’s clothes. She takes with her (out of stupidity, pure romanticism and profound attachment to this sinister place) a small volcanic rock, fresh out of the bowels of the earth. She starts walking after Orpheus. She will ask for his forgiveness later. She will reward him, in one way or another. But first, they must get out of there, one step at a time. Orpheus walks straight ahead, and gradually starts to doubt. The steps behind him sound strange. An exquisite musician, his musical ear is superb, his hearing the finest. Those steps behind him - they sound different. The small rock pendant hitting the chest of the person walking behind him - he had never heard this sound before. Persephone keeps walking and looks straight in front of her. She hopes this will work. One cannot use the same trick twice, and even for gods there are not one thousand ways one can escape the underworld. Orpheus gradually loses the sense of his walk. He knows now. He knows that the steps he is bringing back up to daylight are not Eurydice’s. He turns, he wants to know. The silhouette behind him disappears instantly, in a cloud of silk muslin. He is unsure now. Maybe it was Eurydice. Now that he thinks of it, through these grotto corridors, all sounds are different, even his own steps which resonate with mysterious echoes. The sound of his breath is remote. His sweat falling on the ground in heavy drops - he never heard it before, or since. The person behind him, whoever she was, has disappeared. It is too late. He didn’t save anyone.

[FR] La vraie histoire de Perséphone, comme elle est racontée dans Keep This Body Alive

Perséphone passe la moitié de l’année dans les ténèbres, et l’autre moitié de l’année sur terre. Elle se plaît dans les deux endroits - ce n’est pas ça le problème. Le problème est que cette vie lui a été imposée, qu’on a fait un choix à sa place. Et que, sur terre, on l’a obligée à être éternellement l’enfant de sa mère ; tandis que dans les enfers, on l’a forcée à être éternellement la déesse des morts. Elle rêve de briser le sort qu’on lui a jeté, de commencer cette existence à nouveau. Reprendre, peut-être, la même vie (qui lui est bien confortable et agréable), mais dans ses propres termes. Le jour où Orphée arrive en enfer, Perséphone sait que c’est le moment. Orphée veut retrouver son épouse Eurydice qui, le jour de leurs noces, a succombé aux morsures d’un serpent. Audacieux et désespéré, Orphée est descendu en enfer pour la ramener à la vie. Il s’adresse à la déesse Perséphone, il l’implore, il essaye de la convaincre, il pleure en chantant. Mais elle sait qu’une fois mort, on ne peut plus retourner sur terre, sauf dans le souvenir, ou dans les rêves. Elle dit un mensonge, moitié par espoir, moitié par désespoir, moitié par pitié pour Orphée. Un espoir de dix minutes est preferable à aucun d’espoir du tout. Elle raconte à Orphée qu’il pourra récupérer Eurydice, mais qu’il ne pourra pas regarder derrière lui pendant le trajet. Perséphone enfile les habits d’Eurydice. Elle prend avec elle (par bêtise, par romantisme et par profond attachement à cet endroit sombre et sinistre) une petite pierre volcanique, sortie tout droit des entrailles de la terre. Elle commence à marcher derrière Orphée. Elle lui demandera pardon plus tard. Elle le récompensera d’une manière où d’une autre. Mais d’abord il faut sortir, un pas à la fois. Orphée marche, et peu à peu perd confiance. Les pas derrière lui sonnent faux. Excellent musicien, il a une très fine oreille musicale, une ouïe admirable. Les pas sonnent différemment. Ce pendentif en pierre qui tape sur la poitrine de celle qui marche derrière lui, il n’a jamais entendu ce bruit auparavant. Perséphone marche, regardant droit devant elle. Elle espère que ça va marcher. On ne peut pas user de la même astuces deux fois, et puis, même pour les dieux, il n’y a pas mille manières d’échapper au monde souterrain. Peu à peu, Orphée perd le sens de sa marche. Il sait, maintenant. Il sait que les pas qu’il porte derrière lui vers le haut, ce ne sont pas les pas d’Eurydice. Il se retourne. Il veut savoir. La silhouette derrière lui disparait aussitôt, dans un nuage de mousseline de soie. Il n’en sait rien, en fait. Peut être que c’était Eurydice. En fin de compte, à travers ces grottes, tous les sons sont étranges. Maintenant qu’il y pense, ses propres pas sonnent faux, avec de mystérieux échos. Le son de sa propre respiration semblent lointains. Le bruit de ses gouttes de transpiration qui tombent par terre, il n’a jamais entendu ça auparavant, et pourtant. La personne derrière lui, peu importe qui c’était, a disparu. C’est trop tard. Il n’a sauvé personne.


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You can see Keep This Body Alive rehearsal photos HERE.


Keep This Body Alive
36 min. Video of the performance.
Concept: Alina Noir
Created and interpreted by Raoul Martin & Alina Noir
Music: Yannick Darmalingom
Image: Alexis Zappa
Installation: Claude Bidal

Fondation Renaud

27 Boulevard Antoine de Saint-Exupéry, 69009 Lyon

Samedi 28 novembre 2020 16h

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